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« Un pas vers l’inconnu et c’est votre monde qui s’agrandit »
Anaïs Vanel (extrait de « Le Nouveau Monde »)
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VOYAGER /

Depuis quelques temps, cela me tenait à coeur de vous parler de l’ADN de ma marque, de vous raconter pourquoi le voyage, proche, lointain, pour 2 jours, 3 semaines ou plusieurs années était ma source d’inspiration première.

Mon père a toujours eu la bougeotte. Il m’a transmis ce goût pour l’inconnu, pour l’Ailleurs et pour la différence. Un ailleurs où l’on peut se sentir chez soi et en apprendre davantage sur soi, tout simplement parce qu’on aura eu le courage d’abandonner une partie de nos habitudes et de nos certitudes et de se « confronter », plutôt de s’ouvrir à un monde nouveau, un territoire nouveau, des gens différents, pas mieux pas moins bien juste différents de nous ou de ce qu’on aura connu auparavant.

J’ai vécu en Algérie très petite et en Nouvelle-Calédonie pendant ma tendre enfance, une île du Pacifique au bout du monde, à 16700km de la France, surnommé le caillou, large de 60km et longue de 400km, entourée d’une barrière de corail et des îles Loyautés. Sa biodiversité unique au monde la place au 3ème rang mondial pour l’originalité de sa faune et de sa flore avec 75% de taux d’endémisme de ses végétaux. J’ai vécu dans la brousse, à Koné sur la côte Ouest. Mes amies étaient kanak, caldoche et javanaise. Je vivais dehors, souvent pieds nus et la nature qui m’entourait a nourri mon monde imaginaire et ma créativité. Vous comprenez mieux pourquoi je suis fascinée par le monde végétal et pourquoi c'est un thème récurrent dans mes collections?

J’ai pleuré une journée entière lorsque nous avons quitté la Calédonie, j’avais 9 ans. J’ai toujours des souvenirs olfactifs de cette île. Aujourd’hui, j’ai besoin de me connecter à la nature et aux grands espaces le plus souvent possible et le voyage, proche ou lointain, me permet de nourrir ce besoin.

 

 

Depuis, j'ai voyagé un peu, beaucoup, ça dépend pour qui…en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Liban, au Pérou, en Allemagne, en Espagne, en Angleterre, au Portugal, aux Pays-bas, en Belgique, au Luxembourg, dans le Tennessee, ma préférence revient à toutes les îles où j’ai eu la chance d’aller (parfois de retourner): Nouvelle-Calédonie, Big Island à Hawaii, Majorque, Madère, la Corse et puis d’autres petites îles: les iles Lavezzi, Porquerolles et plus près de mon nouveau chez moi, les îles de Ré et d’Oléron.

On croise au cours de nos voyages: des cultures différentes, des personnes avec qui on peut partager durant quelques heures mais qui nous apprennent plus sur la vie que d’autres personnes en 10 ans et qui nous enseignent la bienveillance et la tolérance vis-à-vis des autres.

 

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« Tout lieu
qu’on peut connaître,
comprendre,
et ressentir peut-être.
Un peu d’intimité,
un lit où s’allonger.
Que ce soit pour une nuit,
trois jours ou bien un mois,
je veux bien appeler
maison
ces endroits-là »
Anaïs Vanel (extrait de « Le Nouveau Monde »)
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PARIS / PARTIR

Si je vous cite Anaïs Vanel, c’est que son livre « Tout quitter » m’a accompagné lorsque j’ai décidé de partir pour de bon, de quitter Paris où j’avais passé 20 ans, la ville qui a vu naître mes rêves et en a vu certains s’accomplir, comme ceux de créer ma marque, devenir libre et indépendante et enfin, vivre de mes bijoux, non sans peine mais j’ai rencontré de chouettes personnes qui sont passées dans ma vie, m’ont accompagné dans cette aventure, m’ont soutenue, certaines toujours fidèles au poste. 

Paris était une fête pour moi, Paris était vibrante, Paris était une ville de lumière fascinante et envoûtante. 

Un jour, j’ai voulu quitter Paris. Peu de temps après les attentats de 2015. Peu à peu, le désamour s’est installé, je me suis éloignée, pas très loin, mais sans toutefois la quitter, en périphérie. C’est comme si Paris avait perdu son âme, c’est comme si Paris était devenu un décor de théâtre où la joie sonnait creux, où la magie n’opérait plus, comme si Paris n’était plus Paris, comme si on découvrait qu’on n’aimait plus la personne qu’on avait pourtant cru tant aimer, comme si tout ceci n’avait été qu’une illusion.

Il faut du temps pour l’accepter.
Alors, on part tout en restant pas très loin, sans partir vraiment, sans abandonner, sans lâcher. 
Une partie de soi s’éteint. Comme si nous étions une plante qui manque de soleil. Qu’elle n’était plus à la bonne place. Peu à peu, l’idée qu’il faut partir devient plus qu’une divagation, cela devient une évidence.

C’est ainsi qu’un jour, nous avons décidé de partir pour de bon.
Deux mois se sont écoulés entre le jour où on se dit « on part » et le jour où les cartons de l’atelier et de l’appartement étaient dans le camion, celui qui nous emmènerait pas très loin, Ailleurs, sur un nouveau territoire inconnu, dans une ville et un paysage à explorer.

Il faut du courage pour oser partir mais oser nous ouvre à un nouveau monde, nous fait pousser comme une plante qui retrouve sa place au soleil, tout quitter nous donne une chance d’abandonner une partie de soi qu'on a envie de lâcher et de raviver notre petite lumière intérieure, notre âme d’enfant et de réveiller notre capacité à nous émerveiller de tout et de rien. 

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 « On nous apprend à avoir de bonnes notes,

à choisir une voie, un métier. A faire des concessions. Mais jamais à choisir un endroit où on se sentirait bien.

Vivre dans un endroit où on se sent vivant, c’est créer un environnement propice à faire émerger nos passions profondes. C’est choisir de s’implanter sur un terreau fertile pour y laisser pousser nos rêves »

Anaïs Vanel, extrait de « Tout quitter » 

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TOUT QUITTER /

Il m’aura fallu tellement de temps pour combattre mes peurs de partir et de quitter ma région d’adoption...Mais il m’aura fallu si peu de temps pour me sentir déjà un peu chez moi ailleurs, ici, près de l’océan. Ici, le temps est rythmé par le vent. La vie est douce, les gens sont calmes et gentils, ils disent bonjour quand on les croise le long du chemin côtier ou à travers les champs, ils portent un sourire que je ne connaissais plus et l’anonymat n’existe plus….

Nous avons trouvé notre port d’attache au Nord de La Rochelle, par hasard, sans savoir où nous allions atterrir et si nous pourrions rejoindre la ville ou l’île de Ré facilement...à vélo.

C’était le bon endroit. Le paysage change chaque jour de visage, il n’est jamais tout à fait le même, il évolue au fil de la journée et des marées. Ici, on va contempler les couchers de soleil, en famille, entre amis ou en amoureux. On peut marcher ou courir pendant 20km le long des falaises du Pertuis Breton sur un sentier partant du Pont de l’Ile de Ré pour rejoindre la Pointe St Clément à Esnandes et contempler la Baie de l’Aiguillon.

Ça fait bouger les choses en soi, ça remue de changer, de partir, de tout quitter, on doit renoncer à des choses, on prend des risques comme celui de ne jamais pouvoir revenir par exemple. Il faut un peu de courage pour partir mais par ce récit très personnel, je voulais peut-être inspirer certain.e.s d’entre vous à oser, à écouter votre petite musique intérieure et à faire confiance à votre bonne étoile.

Choisir un nouveau lieu qui est meilleur pour soi et pour ses rêves, pour quelques jours, quelques mois ou quelques années.

 

 

Pour plus d’inspiration, découvrez l’univers poétique de l’écrivaine Anaïs Vanel:

« Tout quitter » , Flammarion, 2019

« Le Nouveau Monde », Flammarion, 2021

 

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1 commentaire

  • Merci pour ce joli texte ! Votre confidence sur les ailleurs et les voyages résonne en moi qui ai quitté mon Paris d’adoption où j’ai vécu 15 ans, pour le Pays Basque où j’ai passé 15 années aussi avant de le quitter pour Tanger, au Maroc, où je vis depuis 5 ans. Quel bonheur, chaque jour, de découvrir encore, de passer du temps à écouter, à comprendre, de flâner le nez au vent, face à la baie et d’appeler maison ce petit bout de planète où je me sens tout simplement bien…
    Je trouve vos créations très inspirantes et je me régale chaque jour de vos bijoux de murs, propices aux voyages immobiles depuis mon canapé :))))
    Belle route à vous !

    Sevàn

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